VMA faut-il la travailler pour un ultra ?


La séance de VMA sur piste qualibrée à une vitesse précise est-elle indispensable ?

Je n'en suis pas vraiment sûr !

Je connais bon nombre d'ultra-traileurs qui ne travaillent pas spécifiquement leur VMA, Kilian Jornet est l'un d'eux.

Celui-ci ne connait ni le monde des salles de muscu l'hiver et que fort rarement les séances qualibrées aux millimètres sur tel ou tel % de VMA...
Comment fait-il ?
Sa méthode adoptée est juste de développer et maintenir sa "cylindrée" par de fréquentes compétitons courtes dites "à rythme" pendant la phase de préparation.
Kilian réalise ainsi de nombreux courses courte (montée sèche) en ski alpinisme l'hiver (bon là non plus mle gaillard cause quelques dégats chez ses adversaires !)... pendant que milliers de traileurs sont rivés sur le cadran de leur montre pour vérifier s'il sont bien au bon % de VMA...

Je ne remets pas du tout en cause la VMA qui est un facteur important à ne pas négliger, pour autant il est possible de travailler cette composante de la performance sur un ultra autrement que par un travail "pur" de VMA, notamment sur piste.



Les bienfaits de l'acide lactique

Je ne voudrais pas non plus que l'on pense que je considère comme inutile une séance pure de VMA avec forte production d'acide lactique.
Ce type de séance à un côté positif intéressant : il va provoquer une forte production d'acide lactique.

Hors quand le taux d'acide lactique s'élève la sécrétion d'hormone de croissance augmente !
Ce pic d'acide lactique qui se produit à la fin des fractionnés va en quelque sorte passer la commande à l'organisme de sécréter de l'hormone de croissance (GH), hormone qui met en route à son tour le processus de régénération et de développement musculaire.
Pour qui veut renforcer cette qualité, plutôt sympa, non ?

Acide lactique et jambes dures... attention aux idées reçues...

Attention l'acide lactique n'explique pas à elle seule les brûlures aux jambes après un travail à haut % de VMA !

Pourquoi ?

D'avance mille excuses pour ce qui suit, même en tentant de simplifier cela peut d'avérer un peu "prise de tête"... :roll:

Quand les muscles reçoivent le signal électrique venant du cerveau pour se mettre en action les fibres musculaires se chargent en sodium et libère du potassium.
Tout naturellement au fil des fractionnés le sodium s'accumule dans les fibres...tandis que le taux de potassium diminue à vitesse "grand V" :(.

Par chance notre organisme dispose dans les fibres d'une espèce de pompe qui permet de compenser ces changements en activant l'échange sodium/potassium entre l'intérieur et l'extérieur des fibres
Mais voilà l'action de la pompe à ses limites et lorsqu'elle ne peut plus faire le job ce sera le signal d'alarme avec les jambes dures et autres signes de fatigues musculaire...


La composante VMA, une des 5 composante dans la performance d'un ultra

Ne pas oublier non plus les 4 autres :

  • La composante endurance qui est cette capacité à soutenir le plus longtemps possible le plus haut % de sa VO2 max.


  • La composante énergétique qui est en lien direct à ce que l'on appelle dans notre jargon "le coût énergétique" c'est à dire cette capacité à savoir s'économiser, économiser ses réserves, son énergie.

L'ami Racine avançait un devise que chaque partant sur un ultra devrait faire sienne :
"Qui ira loin ménage sa monture". 

  • La composante nutritionnelle: un moteur diesel ne tourne pas au kérosène !


  • La composante "mentale"... à ne pas négliger non plus ! 

 

Si une de ces 5 composantes est négligée se sera tout l'édifice qui sera fragiliser sur un ultra !

Sur le moment utile pour travailler cette composante ?
Si l'athlète réaliser une grande coupure le travail de renforcement de la VMA/VO2max pourra se mettre en place après un premier cycle de 4 à 6 semaines (cycle utile pour réactiver en douceur les qualités d'endurance).
Ensuite il sera possible de structurer des microcycles de VMA.

Cela étant dans le cadre d'une préparation à un ultra je crois beaucoup plus aux séances orientées cinétique de VO2 visant le renforcement du VO2 plutôt que les pures séances de VMA qualibrées sur la vitesse et orientées plus ou moins inévitablement sur la résistance à la charge lactique... charge au demeurant quasi inexistante sur un ultra.

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